Il y a des sujets qu’on n’aborde pas avec légèreté.
Non pas parce qu’ils sont secondaires, mais justement parce qu’ils touchent à quelque chose de sensible, de sérieux, et de trop souvent banalisé.
Celui-ci en fait partie.
Depuis quelque temps, je vois de plus en plus de publications, de publicités et d’offres de services utiliser les termes sonologie ou sonothérapie pour désigner des pratiques qui n’y correspondent pas réellement.
Et je n’écris pas cet article par gaieté de cœur.
Je ne l’écris pas pour créer un débat.
Je ne l’écris pas pour attaquer qui que ce soit.
Je ne l’écris pas non plus pour dénigrer les soins vibratoires, que je reconnais moi-même pour leur beauté, leur puissance et leur portée.
Je l’écris parce que ce sujet me dérange de plus en plus.
Je l’écris pour sensibiliser.
Parce qu’à force de tout mélanger, on finit par banaliser des disciplines qui reposent sur bien plus qu’une simple utilisation du son.
Aujourd’hui, on voit passer toutes sortes de publications où tout ce qui touche de près ou de loin au son devient automatiquement de la sonothérapie.
Un bain sonore avec bols de cristal ?
Sonothérapie.
Un soin énergétique accompagné de bols chantants ?
Sonologie.
Un soin au tambour ?
Sonothérapie.
Une ambiance vibratoire avec instruments intuitifs ?
Sonologie.
Pourtant, ce n’est pas parce qu’un soin contient du son qu’il entre automatiquement dans le champ de la sonologie ou de la sonothérapie.
Et c’est là que le problème commence.
Parce qu’un mot ne devient pas juste parce qu’il est populaire.
Parce qu’il est souvent répété.
Parce qu’il sonne bien ou parce qu’il donne une apparence plus professionnelle à une pratique.
Les mots ont un sens, ont un poids et certains mots correspondent à une discipline réelle, à une méthodologie, à un cadre précis, à une transmission, à une formation sérieuse.
Quand on les utilise à tort, on ne fait pas qu’emprunter un mot, on brouille les repères, on mélange les pratiques et on entretient une confusion qui finit par nuire à tout le monde.
Ce qui me dérange profondément, c’est qu’on réduit parfois une discipline complète à la simple présence d’un outil.
Comme si tenir un tambour, utiliser un bol ou faire vibrer un instrument suffisait à appartenir à une approche précise.
Comme si le simple fait de tenir un tambour faisait automatiquement de nous des chamans.
Pourtant, un outil, aussi puissant soit-il, ne remplace ni un parcours, ni une formation, ni l’ancrage réel dans une discipline ou une tradition.
Et c’est exactement la même chose dans bien d’autres domaines.
Ce n’est pas parce que j’ai créé ma propre gamme de synergies d’huiles essentielles que je peux me mettre à dire que je suis aromathérapeute ou naturopathe.
Même si mes créations sont faites avec soin.
Même si elles sont sérieuses.
Même si elles sont puissantes.
Même si elles ont une réelle valeur.
Créer des synergies ne fait pas automatiquement de moi un aromathérapeute.
Utiliser des huiles essentielles ne fait pas de moi un naturopathe.
Alors pourquoi, dans le monde du son, accepte-t-on si facilement le même raccourci ?
Pourquoi le simple fait d’utiliser un instrument vibratoire suffirait-il, pour certains, à se réclamer d’une discipline qui demande pourtant une base beaucoup plus précise ?
Une discipline ne naît pas par hasard.
Derrière la sonologie, il y a une structure, une vision, une méthodologie. Il y a une compréhension spécifique de l’utilisation thérapeutique du son et des vibrations et il y a aussi des années de recherche.
Des années d’exploration, d’observation, d’essais, d’ajustements, de développement et de transmission. Des années de travail portées par celles et ceux qui ont créé, façonné, approfondi et enseigné cette discipline.
Réduire ça à « un soin avec du son » ou à « quelque chose qui fait vibrer » revient à effacer toute la rigueur qui soutient cette approche.
Respecter une discipline, c’est aussi respecter ce qui a été bâti pour qu’elle existe.
Je tiens à le dire clairement... ce texte n’est pas contre les soins vibratoires.
Je ne remets pas en question leur valeur.
Je ne nie pas leur puissance.
Je ne suis pas en train de dire qu’ils ne font rien, ou qu’ils ne méritent pas leur place.
Au contraire, je reconnais moi-même la richesse de ces approches. J’en fais également.
Je sais à quel point le son, la vibration, la résonance et la présence peuvent toucher l’être profondément.
Mais justement, c’est parce que je respecte ces pratiques que je crois qu’il faut les nommer correctement.
Un soin vibratoire peut être un soin vibratoire.
Un bain sonore peut être un bain sonore.
Un accompagnement énergétique avec bols, tambours ou vibrations peut être présenté comme tel et ça n’enlève rien à sa valeur.
Nommer sa pratique avec justesse ne la rend pas plus petite.
Au contraire, ça la rend plus claire, plus honnête, plus alignée.
Pourquoi certaines personnes utilisent-elles des termes qui ne correspondent pas exactement à ce qu’elles font?
Parfois, c’est par ignorance. Parce qu’elles ont vu ce mot ailleurs, parce qu’il est utilisé partout, parce qu’avec le temps, l’erreur s’est banalisée au point de sembler normale.
Mais parfois aussi, il faut avoir l’honnêteté de se poser la vraie question:
Est-ce qu’on emprunte certains termes parce qu’ils donnent plus de crédibilité que les mots exacts?
Parce qu’un terme plus technique, plus encadré, plus reconnu ou plus impressionnant peut effectivement donner au public l’impression d’une plus grande compétence.
Mais cette crédibilité est-elle réelle… ou empruntée?
La vraie crédibilité ne vient pas de l’étiquette qu’on s’attribue. Elle vient de l’alignement entre ce qu’on dit, ce qu’on fait et ce qu’on est réellement en mesure d’offrir.
Dans mon cas, ce sujet me touche d’autant plus que je suis moi-même certifié en sonothérapie depuis 2020, avec une formation d’environ 200 heures.
Alors oui, quand je vois certaines publications ou publicités utiliser ces termes de manière imprécise, ça me fait saigner des yeux.
Non pas parce que je crois que les autres approches valent moins.
Non pas parce que je veux protéger un titre, mais parce que ce n’est pas la même chose, tout simplement!
Prétendre que c’est équivalent ne rend service à personne.
Cette confusion autour des mots n’a pas seulement des conséquences dans le milieu professionnel.
Elle a aussi un impact direct sur les personnes qui viennent recevoir ces soins.
Il m’est arrivé à quelques reprises de recevoir des clients ou des clientes qui me disaient avoir déjà vécu de la sonothérapie ailleurs.
Et pourtant, lorsqu’ils ont ensuite vécu un soin de sonothérapie réelle, telle qu’elle est véritablement abordée dans un cadre sérieux et formé, ils ont été profondément surpris.
Subjugués, même.
Non seulement parce que ce qu’ils vivaient n’avait rien à voir avec ce qu’on leur avait présenté auparavant… mais aussi parce qu’eux-mêmes se mettaient à se poser la question:
« Mais alors… pourquoi la personne qui m’a donné ce soin appelait ça de la sonothérapie? »
Et cette question, à elle seule, dit beaucoup.
Elle montre que lorsque les mots sont mal utilisés, le public se construit une compréhension erronée de ce qu’il reçoit.
Les gens croient avoir déjà expérimenté une discipline. Ils pensent savoir de quoi il s’agit.
Ils se présentent avec une référence en tête, mais cette référence est parfois fausse dès le départ.
Et quand ils découvrent ensuite une approche réellement structurée, cohérente, fondée, ils réalisent que ce qu’on leur avait vendu sous ce nom ne correspondait pas du tout à ça.
C’est là qu’on comprend que le problème n’est pas banal.
Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de vocabulaire. Il s’agit aussi d’une question de compréhension, d’attentes, de confiance et de justesse dans la relation avec le client.
Il y a un autre aspect qui m’interpelle profondément: celui des outils thérapeutiques utilisés sans réelle compréhension.
On le voit notamment avec les diapasons.
Aujourd’hui, il est très facile d’en acheter sur internet ou dans certaines boutiques spirituelles.
On leur attribue des vertus presque automatiques. On les vend comme s’il suffisait de les posséder pour savoir les utiliser.
Mais un outil thérapeutique ne devient pas thérapeutique parce qu’il est vendu comme tel.
Par expérience, j’ai déjà comparé des diapasons librement accessibles sur le marché à des diapasons thérapeutiques provenant de mon école et les fréquences n’étaient pas du tout les mêmes.
Et pourtant, le commun des mortels achète ces objets avec confiance, les utilise sans connaissance de cause et croit bien faire.
Le problème, c’est que lorsque l’on banalise ainsi l’usage d’outils thérapeutiques, on banalise aussi leurs répercussions possibles.
On ne devient pas sonothérapeute parce qu’on aime les fréquences.
On ne devient pas sonothérapeute parce qu’on utilise des instruments vibratoires.
On ne devient pas chaman parce qu’on tient un tambour.
On ne devient pas naturopathe parce qu'on aime et utilise des huiles essentielles.
Et on ne devient pas compétent dans l’usage d’un outil simplement parce qu’on l’a acheté.
À un certain point, il faut sortir du flou.
Il faut de la connaissance, de la rigueur, du discernement et un profond respect de ce qu’on manipule.
Sensibiliser n’est pas attaquer.
Nommer une dérive ne veut pas dire mépriser ceux qui la reproduisent.
Inviter à plus de rigueur ne veut pas dire fermer des portes.
Ça veut simplement dire qu’à un certain point, il faut protéger quelque chose.
Protéger la qualité des pratiques.
Protéger la clarté du langage.
Protéger le public.
Protéger aussi le travail de celles et ceux qui ont consacré des années à bâtir et transmettre une discipline.
Ce texte n’est pas une guerre de clans. Ce n’est pas un procès contre les soins vibratoires.
C’est un appel à plus de conscience.
Parce que les mots façonnent la compréhension.
Parce qu’ils influencent la confiance.
Parce qu’ils peuvent éclairer… ou tromper.
Et parce qu’au fond, nommer correctement ce que l’on fait, ce n’est pas se limiter.
C’est se tenir debout dans son intégrité et professionnalisme.
C’est honorer sa pratique.
Honorer celle des autres et offrir au public quelque chose de plus précieux qu’un mot à la mode: de la clarté.+
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